Première partie - Par monts et par sprints : Où Hushovd fait diversion

2. Garmin-Cervélo pose la première pierre

Au Mont des Alouettes, Hushvovd (à dr.) avait pris la précaution de régler le sprint du peloton pour la 3ème place.
Au Mont des Alouettes, Hushvovd (à dr.) avait pris la précaution de régler le sprint du peloton pour la 3ème place.

Le Tour s’était donc lancé sans prologue, comme en 2008 ; et d’une semblable manière, c’est le coureur le plus attendu qui avait surgi[1]. Mais s’il avait creusé un écart au sommet du Mont des Alouettes, après avoir saccagé l’offensive de Fabian Cancellara (Leopard-Trek) dans les derniers hectomètres, puis contredit le retour d’Evans, Gilbert n’avait cependant pas pris assez d’avance pour rester en jaune au-delà du contre-la-montre par équipes des Essarts, prévu dès le lendemain. Son équipe Omega Pharma–Lotto n’avait pas suffisamment de coffre pour revendiquer sa part sur une distance exceptionnellement courte et propice aux appétits de la Garmin-Cervélo de Thor Hushovd. Entouré d’une solide bande de rouleurs, le Champion du monde avait eu en effet l’excellente idée de sprinter au Mont des Alouettes (3ème) et sa position au classement général ne demandait plus qu’à être revalorisée.

Maillot à pois sur le dos (par défaut), Hushovd s'appuie sur une équipe de solides rouleurs.
Maillot à pois sur le dos (par défaut), Hushovd s'appuie sur une équipe de solides rouleurs.

Il fallait pour cela contenir quatre équipes qui pouvaient ambitionner, sans excès de présomption, non seulement de gagner l’étape pour certaines d’entre elles, mais aussi de favoriser le mieux classé de leurs engagés dans l’appropriation du Maillot jaune :

-      La BMC, certes pas favorite pour la victoire d’étape, pouvait néanmoins vêtir Cadel Evans de jaune, puisqu’il était placé trois secondes devant Hushovd.

-      La Sky roulait dans l’immédiat pour Geraint Thomas, classé 6ème au Mont des Alouettes dans le même temps qu’Hushovd, et plus globalement pour Bradley Wiggins, le plus énigmatique des outsiders de ce Tour.

-      La Leopard-Trek, toute nouvelle dans le paysage cycliste, avait l’occasion de rendre à Linus Gerdemann le Maillot jaune qu’il avait porté une journée en 2007. À plus long terme, elle cherchait à éloigner Contador le plus possible des frères Schleck.

-      La HTC-Highroad avait le meilleur de ses rouleurs, Tony Martin, à soumettre aux honneurs dans un Tour qui lui faisait de surcroît la promesse d’une victoire d’étape ultérieure, avec le contre-la-montre individuel de Grenoble.

Zabriskie (59), Millar (56), Hushovd (51) et leurs équipiers roulent vers le Maillot jaune.
Zabriskie (59), Millar (56), Hushovd (51) et leurs équipiers roulent vers le Maillot jaune.

En outre, avec un groupe de beaux rouleurs, bien que vieillisants pour certains, la RadioShack pouvait confirmer le retour en grâce d’Andreas Klöden[2], et s’affirmer d’entrée, en l’absence de son instigateur Lance Armstrong, définitivement retiré des pelotons.

 

Mais les vingt-trois petits kilomètres du tracé confirmèrent la solide tenue de la Garmin-Cervélo, qui serait du reste amenée à remporter le classement par équipes de ce Tour, à placer Tom Danielson dans les dix premiers du classement final, à faire de Hushovd l’une des grandes vedettes de ce mois de juillet 2011, et ainsi à se consoler de la méforme de Hesjedal (6ème en 2010 mais 18ème en 2011) et de Vande Velde (5ème en 2008, 8ème en 2009 mais 17ème en 2011).

 

Avec quatre secondes de mieux que le trio BMC – Sky – Leopard-Trek, les hommes de la Garmin-Cervélo privèrent donc Evans du Maillot jaune pour une seconde seulement et ouvrirent devant Hushovd une longue semaine de règne.



[1] Alejandro Valverde avait gagné en puncheur la première étape du Tour 2008, entre Brest et Plumelec.

[2] Klöden s’était classé 2ème de Paris-Nice (avec une victoire d’étape à Vernoux-en-Vivarais), et 7ème au Mont des Alouettes.

Voir le chapitre suivant.

Voir le classement de l'étape 2.

Voir le classement général à l'issue de l'étape 2.